Les plus de 50 ans sont trop difficiles à placer

Marché du travailLes agences de placement ont de plus en plus de peine à trouver un emploi pour les seniors.

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Les temps deviennent de plus en plus difficiles pour les seniors sur le marché de l’emploi. Une réalité dont la Neue Zuercher Zeitung se fait l’écho vendredi. En effet, les agences de placement ont de peine à venir en aide aux plus de 50 ans. «Nous n’arrivons presque jamais à les placer». C’est du moins ce qu’a indiqué Sandra Pelti, membre de la direction de Manpower Suisse, lors d’un récent Forum à Lucerne. Une déclaration qui a suscité un vif émoi, selon la NZZ. Selon elle, la majorité des entreprises a encore de gros préjugés contre les employés plus âgés.

Certes, Manpower est un spécialiste de l’intérim et de l’emploi temporaire et se concentre la plupart du temps sur les jeunes travailleurs. Mais les faits montrent que les personnes plus âgées ont plus de difficulté à retrouver un emploi. Plus de 40% des chômeurs n’ayant pas retrouvé de travail après une année ont en effet plus de 50 ans. Voire 45 ans dans certains secteurs, comme celui de l’informatique.

Toujours plus de seniors

Ce phénomène est à mettre en perspective avec un autre constat: la proportion des travailleurs âgés a fortement augmenté ces dernières années. Pour la catégorie des 55-64 ans, elle est passée de 57% en 2005 à 63% en 2015. Mais la probabilité de perdre son emploi y est plus faible que dans toutes les autres catégories, 3,8% contre 4,8% en moyenne suisse.

Le cas de Manpower n’est pas un cas isolé, relève le patron d’une petite entreprise qui vient en aide aux chômeurs de plus de 50 ans pour leur retrouver une place ou changer de carrière. Les entreprises veulent des employés parfaitement formés, jeunes et flexibles et elles sont nombreuses à rejeter tout candidat de plus de 45 ans, explique-t-il. Du coup, si une agence de placement leur propose des candidats seniors, les firmes ne feront rapidement plus appel à leurs services, estime-t-il.

Pour la NZZ, la réticence des entreprises à engager des travailleurs âgés est due à la spécialisation croissante du marché du travail et à la concurrence accrue entre les sociétés. Un phénomène que l’on retrouve dans de nombreuses branches, que ce soit dans l’industrie des machines, dans l’informatique ou dans le monde des médias.

Raisons multiples

Et les raisons de ne pas engager de seniors, voire de s’en séparer, sont multiples: les personnes ayant travaillé 15-20 ans dans la même entreprise sont jugés moins aptes aux changements majeurs. En outre, les seniors doivent être conscients que leurs connaissances sont rapidement dépassées et qu’ils devraient se concentrer à se former et s’adapter en permanence, souligne le journal.

Autre obstacle bien connu, rappelle la NZZ: le 2e pilier. En effet, les cotisations augmentent avec l’âge de l’employé. En outre, dans beaucoup de branches, les barèmes font que le salaire augmente automatiquement avec l’âge. Ainsi, dans le secteur de la vente à Zurich, une vendeuse de 50 ans gagne 7000 francs par mois, contre 5000 pour un jeune de 25 ans.

Enfin, rappelle la NZZ, la libre circulation des travailleurs dans l’UE a aggravé le problème pour les seniors. En effet, les firmes disposent d’un réservoir immense de main d’œuvre jeune et bon marché en provenance de l’étranger.