«Le phénomène suscite une vive inquiétude au sein de l’Hospice général», admet son porte-parole Bernard Manguin. Entre 2014 et l’an dernier, le nombre de personnes âgées de 50 ans et plus versées à l’assistance publique a bondi de 74,5%, selon le bilan annuel de l’institution qui sera présenté en avril prochain (soit 2635 personnes en 2014 et 4027 en 2016. Cette tranche d’âge constitue aujourd’hui 29% des bénéficiaires de l’Hospice, ndlr).

Durcissement législatif

Si l’analyse de cette tendance est toujours en cours, de premières explications se dégagent. L’effet simultané de récents changements légaux et de politique sociale a sans doute joué, estime l’Hospice. Ce dernier évoque notamment l’arrêt début 2015 du Revenu minimum cantonal d’aide sociale (RMCAS), qui était destiné aux personnes ayant épuisé leur droit au chômage.

L’institution met aussi en avant un «durcissement législatif sur plusieurs fronts» au niveau fédéral, en matière de chômage et d’assurance invalidité.

Un effet domino

Ces réformes ont précarisé les actifs les plus âgés. D’autant que les 50 ans et plus qui vivent de l’assistance publique en sortent difficilement. «Il y a un effet domino, relève Alain Meder, chef d’unité. Difficile pour eux d’avoir un revenu: leur âge complique la recherche d’emploi; et plus ils s’éloignent du marché du travail, plus c’est dur pour eux d’y revenir. A cela s’ajoute des problèmes de santé et d’endettement.»

Le canton est en pleine réflexion pour enrayer la tendance. L’an passé, un projet pilote a été lancé. Il concerne les personnes proches de l’âge de l’AVS, explique Alain Meder: «Nous les aidons à entreprendre des démarches pour obtenir une retraite anticipée plutôt que de les laisser à l’aide sociale.»